L'Histoire des Jardins Intérieurs prend sa source dans les années 1820 (autour de 1823-1827) lorsqu'une famille ardéchoise décide d'implanter le moulinage du buis à Saint-Privat en Ardèche. Si le bâtiment industriel actuel date de cette époque, l'occupation et l'exploitation hydraulique du site sont bien plus anciennes.
La présence du site sur la carte de Cassini (levée dans la région vers 1770-1780) confirme qu'une activité existait déjà bien avant l'âge d'or de la soie.
Le site du Buis : Abritait probablement un simple moulin à farine ou à huile, utilisant la force de l'eau du canal.
Activité domestique : À cette époque, le travail de la soie était artisanal (les petits "tours" de moulinage étaient souvent installés dans des caves ou des mas).
Le tournant industriel (1826-1827) : Le petit moulin d'origine est remplacé par une usine massive capable d'accueillir des centaines d'ouvrières et des mécaniques complexes.
L'élément clé qui apparaît sur la carte de Cassini est le canal de dérivation de l'Ardèche. Véritable épine dorsale du village de Saint-Privat, il a été aménagé bien avant le XIXe siècle pour irriguer les terres et faire tourner les premiers moulins banaux.
L'ingéniosité des industriels du XIXe siècle a été de s'appuyer sur cette infrastructure séculaire pour implanter leurs grandes fabriques, faisant de Saint-Privat un cas unique de concentration industrielle en milieu rural.
Le nom même, "Le Buis", est un toponyme ancien lié à la végétation locale (la buissière).

Les moulinages sont emblématiques de l'Ardèche, alors cœur battant de la production de soie en France avec plus de 400 structures.
Le processus : L'usine recevait la soie grège pour lui faire subir une torsion, étape cruciale pour rendre le fil résistant et élastique avant son envoi aux canuts de Lyon.
La famille Tourette : Eugène Tourette participe à la construction initiale avec son frère. Entre 1820 et 1855, le secteur connaît une prospérité fulgurante.
Main-d'œuvre : L'usine emploie une population essentiellement féminine (parfois logée sur place via un système d'usine-internat) et fait appel à l'immigration, notamment polonaise — une empreinte encore visible aujourd'hui dans certains noms de famille locaux.
En 2004, le moulinage change de destin. Rebaptisé Les Jardins Intérieurs par Corine et Gérard Bernet-Danilo (accompagnés de leurs 4 enfants), le site est transformé après 4 ans de fermeture en un espace ouvert de vie et de ressourcement.
L'hébergement : Transformation des anciens dortoirs et ateliers en une quarantaine de chambres confortables (pouvant accueillir une centaine de personnes).
Le restaurant : Une cuisine naturelle "maison" et de qualité, dirigée par un chef d'origine thaïlandaise.
Les salles de pratique : Espaces dédiés aux fêtes, réunions, mariages, cousinades, danse, stages de bien-être et conférences.
Le parc fleuri et l'eau : Des jardins "à l'intérieur" bordés par l'Ardèche et son canal, pensés pour la convivialité et la détente.
Préservation architecturale : Respect des façades et des volumes d'origine typiques du XIXe siècle.
Continuité historique : Autrefois dédié au travail de la soie (matériau noble), le site invite aujourd'hui à travailler « sur soi » (stages de créativité et d'épanouissement personnel) .
Économie locale : Recréation d'une dynamique pour la commune de Saint-Privat grâce à l'accueil de groupes.
XVIIIe siècle (et avant) : Un moulin traditionnel visible sur la carte de Cassini.
1826 : Métamorphose en grande usine de moulinage de la soie.
2004 : Reconversion réussie en lieu de restauration, d'hébergement et de ressourcement.
C'est cette profondeur historique, ancrée dans le paysage depuis plus de 250 ans, qui confère aujourd'hui aux Jardins Intérieurs cette atmosphère unique et paisible.